PostHeaderIcon Google + : un vrai challenger pour Facebook ?

13 septembre 2011

Le 29 juin dernier, Google lançait « Google + », une nouvelle tentative du géant de Mountain View pour prendre position sur le secteur des réseaux sociaux et aller enfin concurrencer le leader du marché, Facebook.
Google n’en est pas sa première tentative dans ce domaine stratégique. Rappelons-nous que début 2010, Google avait lancé Buzz, sur le principe d’une combinaison de sa messagerie Gmail avec des éléments «sociaux». Mais une mauvaise conception des paramètres de protection de la vie privée avait déclenché une vague de procédures judiciaires lancées par les autorités de régulation de plusieurs pays – et un Buzz finalement très négatif qui mena à l’échec.

Google sait apprendre de ses erreurs du passé. La firme californienne est donc repartie d’une page blanche : où est le point faible de Facebook, comment pouvons-nous le résoudre pour différencier et imposer Google + ?

La réponse de Google tient dans la différenciation des segments sociaux, et leur bonne gestion. Concrètement, dans le cas de Facebook, chacun dispose d’une seule liste d’amis. Et pour Twitter, d’une seule liste de «suiveurs». Quand un utilisateur envoie une information à son réseau via ces plateformes sociales, tout son groupe de diffusion la reçoit. Or, si nous regardons de plus près notre liste de Friends ou de Followers, elle est composé de relations qui n’ont pas la même origine, ni les mêmes centres d’intérêt. Votre liste d’amis sur Facebook contient des membres de votre famille, des amis très proches, des amis d’amis, des collègues, des anciens collègues, des membres de votre club de sport, des anciens camarades de classe, des voisins, etc. Ces différentes sphères sociales n’ont pas forcément vocation à se croiser, ou à avoir accès à la même information que vous diffusez.

Le principe de Google + repose sur un concept de cercles. Vous pouvez créer autant de cercles spécifiques que nécessaire : un cercle ‘professionnel’, un cercle ‘amical’, un cercle ‘sportif’, etc. Vous choisissez quels cercles sont concernés par l’information que vous allez poster. Les membres de chaque cercle peuvent ensuite participer à votre discussion et interagir entre eux. Vous pouvez également accorder des “droits d’utilisation” variables pour chaque cercle. Par exemple, votre cercle d’amis peut être autorisé à commenter et rediffuser votre article, alors que votre cercle professionnel peut ne pas avoir accès à cette fonction.  Autre spécificité de Google +, proche de Twitter cette fois-ci, si vous avez ajouté quelqu’un à l’un de vos cercles, il n’y a pas d’obligation de réciprocité. Votre contact peut accepter de recevoir vos informations, sans pour autant être dans l’obligation de vous donner accès aux siennes.

Facebook n’a d’ailleurs pas tardé à réagir en partie au concept de Google +, en rendant plus facile le contrôle des paramètres de diffusion (public, amis, amis des amis) pour chacune des informations que vous allez diffuser. Facebook est également en train de s’inspirer des cercles de Google+, sous forme de « smart-lists » (il s’avère que Facebook sait en partie lesquels de vos amis étaient avec vous à l’école…). Google, Facebook, Twitter, mais aussi LinkedIn, Viadéo et bien d’autres, chaque acteur va jouer sa partition, tout en continuant d’observer l’autre.

WSI suit de très près toutes ces évolutions. Elles ont un impact sur les programmes de marketing internet que nous mettons en place pour nos clients. De mon point de vue, sur le plan du marketing justement, donner la possibilité aux utilisateurs des réseaux sociaux (dont les entreprises) de «  cibler »  par groupes d’intérêt les informations qu’ils diffusent est une amélioration significative. Sur le plan stratégique, je pense également que Google joue gros avec cette nouvelle tentative de pénétration du canal « réseaux sociaux ». Cela étant, pouvait-il rester sur la touche ?

Après un démarrage en flèche (20 millions d’inscrits en 20 jours, record mondial établi), la croissance du réseau Google + a fortement ralenti. Pour mémoire, rappelons que Facebook compte déjà 750 millions d’utilisateurs actifs dans le monde, et 21 millions rien qu’en France. Un très gros challenge en perspective pour les équipes Google. Pour ma part, j’espère que Google + réussira à se faire une place sur ce marché. Un peu « plus » de concurrence obligera les leaders à continuer d’évoluer et d’innover, au bénéfice de tous les utilisateurs.

francois@wsioms.co.za
http://www.blog.wsioms.co.za/
http://www.wsioms.co.za/

François Muscat dirige une agence de marketing internet WSI à Pretoria, et est aussi le responsable du réseau WSI en Afrique du Sud. Il est membre du «WSI President’s Circle», comité qui conseille le Board sur les orientations stratégiques WSI au niveau international.

Articles suceptibles de vous intéresser :

  1. Moteur de recherche idéal du futur en France – étude Google
  2. Salon e-Commerce Genève 2010 – Conférence et Formation Marketing Internet par WSI
  3. Et si on considérait facebook comme un media classique?
  4. Que peut faire Google Analytics pour vous ?
  5. 7 nouveautés sur Google Analytics

5 réponses à to “Google + : un vrai challenger pour Facebook ?”

Laisser un commentaire